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4eme Bulletin 2008 - Décembre
Les problèmes de la jeunesse actuelle
Le monde familier aux gens
au-delà de la quarantaine s'est écroulé et
disparaît rapidement. Les valeurs anciennes s'effacent et
ce que nous appelons "civilisation" (et que nous trouvions
si admirable) s'est, en fait, évanoui. Certains, dont je
suis, s'en félicitent ; d'autres estiment cela désastreux
; tous nous sommes désolés que l'instrument de sa
destruction ait causé tant de douleur et de souffrance à
l'humanité, en tous lieux. La culture (quel que soit le sens
attaché a ce terme) demeure encore entre les mains de quelques
privilégiés, mais le produit de cette culture –
héritage de tous les temps – est en voie de se déplacer
d'un lieu à l'autre, de pays à pays, il se désagrège
et disparaît en cours de route. Notre civilisation moderne
et notre culture se fondaient sur les divers systèmes d'éducation
des pays qui constituent aujourd'hui le monde moderne. Il pourrait
être utile d'examiner ce que nous entendons par ces mots.
Il est utile aussi de savoir si notre civilisation vaut la peine
d'être sauvée ou s'il serait préférable
d'en édifier une nouvelle et meilleure sur ses ruines, en
utilisant quelques-uns des éléments anciens.
La civilisation peut se définir comme la réaction
de l'humanité aux buts et aux activités d'une époque
donnée et à sa façon de penser. Durant chaque
période, une idée agit et s'exprime à travers
les idéalismes raciaux et nationaux. Sa tendance de base
a produit à travers les siècles notre monde moderne
et cette tendance a été strictement matérialiste.
Elle visait au confort physique ; la science et les arts se sont
prostitués à procurer à l'homme ses aises et,
si possible, un milieu de beauté ; tous les produits naturels
ont été employés à donner à l'humanité
des objets, des maisons, des possessions, des moyens de transport,
des radios, des téléphones, des automobiles, des aliments
de toutes sortes, des colifichets et des joyaux. L'ambition de l'enseignement
a été, en somme, d'équiper l'enfant pour rivaliser
avec ses concitoyens afin de "se faire une position",
accumuler des richesses et atteindre la plus grande mesure possible
de confort et de succès.
Cet enseignement exalte en premier lieu les rivalités et
les tendances nationalistes, donc la séparativité.
Elle a formé l'enfant à considérer les valeurs
matérielles comme les plus importantes, à attribuer
aussi à sa propre patrie une importance suprême, et
toutes les autres n'ont qu'une importance secondaire. Elle a encouragé
l'orgueil et engendré l'opinion que soi-même, son groupe
et sa nation sont infiniment supérieurs à tout et
tous.
L'enfant acquiert ainsi des préjugés, ses idées
sur le monde sont mal ajustées et ses attitudes devant la
vie dictées par des partis pris. Les rudiments des arts qui
lui sont enseignés doivent le rendre capable d'agir avec
l'efficacité requise au milieu de rivalités et dans
les circonstances particulières à sa vocation. Lire,
écrire et savoir compter sont considérés comme
le bagage minimum, outre certaines notions d'histoire et de géographie.
L'attention est aussi attirée sur certaines oeuvres de la
littérature mondiale ; le niveau général culturel
est relativement élevé, mais il est déformé
et influencé par les préjugés nationaux et
religieux, inculqués à l'enfant dès son plus
jeune âge, sans être innés. On ne s'efforce pas
d'en faire un citoyen du monde, sa responsabilité à
l'égard du prochain est systématiquement passée
sous silence. On développe sa mémoire en lui faisant
enregistrer des faits isolés et souvent sans rapports avec
la vie quotidienne.
Notre civilisation présente sera considérée
dans l'histoire comme grossièrement matérialiste.
Bien des époques historiques l'ont été, mais
jamais au point où l'est celle-ci, mais surtout elles n'affectaient
point d'innombrables millions d'êtres. On répète
constamment que la guerre fut déclenchée par des facteurs
économiques ; certes, mais la raison en est que nous exigeons
trop de "choses" pour vivre dans "un confort fort
raisonnable". Nos besoins dépassent tellement ceux de
nos ancêtres. Nous préférons une existence douce
et relativement facile ; l'esprit des pionniers (qui est le fondement
de toute nation) a disparu, faisant place dans la plupart des cas
à une civilisation efféminée. Ceci s'applique
particulièrement à l'hémisphère occidental.
Nous avions besoin de la guerre pour nous endurcir et nous fortifier,
recouvrant ainsi un sens plus juste des valeurs.
Aujourd'hui, dans une bonne partie du monde civilisé, le
confort a disparu complètement. Les pays agresseurs avaient
emporté à leur profit les "choses" qui signifiaient
la civilisation et les avaient amassées chez eux. Là,
elles y furent également détruites. Notre niveau de
vie civilisée est bien trop haut du point de vue des possessions
et bien trop bas quant aux valeurs spirituelles ou même considéré
avec un intelligent sens des proportions. Notre civilisation moderne
NE résiste PAS à l'épreuve de valeur. Aujourd'hui,
une nation est tenue pour civilisée quand elle attache de
la valeur au développement intellectuel, qu'elle donne la
primauté à l'analyse et à la critique et lorsque
toutes ses ressources sont consacrées à satisfaire
les désirs, à produire des objets et à accomplir
des buts matériels, à essayer de prédominer
dans la compétition mondiale, à amasser des richesses,
à acquérir des possessions, à atteindre à
un niveau de vie élevé et à s'assurer le contrôle
des produits de la terre, au profit surtout de quelques hommes riches
et ambitieux.
Je sais bien que cette généralisation est outrancière,
quoique essentiellement correcte dans ses principales implications,
même si elle ne l'est pas dans des cas individuels. Car cette
triste et affreuse situation, dont l'humanité est elle-même
l'auteur, nous a coûté la guerre ; ni les églises
ni les systèmes d'éducation n'ont été
assez sains dans leur enseignement de la vérité pour
compenser cette tendance matérialiste. Le drame est que l'enfance
du monde entier, par-dessus tout, a payé et paie le prix
de nos fautes. Peut-être que j'exagère, mais peut-être
que non. De l'opinion de tous, l'origine de la dernière guerre
était due à la convoitise, l'ambition matérielle,
communes à toutes les nations, sans exception. Tous nos plans
s'établissaient pour organiser la vie nationale et la diriger
vers les biens matériels, la suprématie sur la concurrence,
et enfin vers les intérêts égoïstes des
individus et de la nation. Tous les pays, à leur manière
et selon leurs possibilités, ont participé à
cela ; nul n'a les mains nettes et de là est venue la guerre.
L'humanité souffre d'un égoïsme invétéré
et d'un amour inhérent des biens matériels. De là
est issue notre civilisation, aussi s'est elle écroulée
en ruines sur nos têtes.
Dans toute civilisation, le facteur culturel tend à préserver
et respecter le meilleur de son passé et ses valeurs artistiques,
littéraires, musicales et tous les éléments
créateurs des nations passées et présentes.
Il consiste en l'influence civilisatrice de tels éléments
sur la nation et sur les individus de cette nation qui sont en situation
(habituellement financière) d'en bénéficier
et de les apprécier. La connaissance et le goût ainsi
obtenus permettent à l'homme cultivé d'établir
un rapport entre le monde de la signification (hérité
du passé) et le monde des apparences, où il vit, et
de les considérer comme un monde unique, existant cependant
en premier lieu à son profit personnel. Si toutefois, il
ajoute à son appréciation de notre héritage
planétaire et racial, à la fois créateur et
historique, la compréhension des valeurs spirituelles et
morales, alors il s'approche du type idéal de l'homme vraiment
spirituel. Par rapport à la population de la planète,
des hommes de ce genre sont rares, mais ils constituent pour le
reste de l'humanité un témoignage de ses vraies possibilités.
Les hommes et les femmes cultivés, ou doués de perception
spirituelle, n'ont pourtant pas été assez forts pour
empêcher la guerre ou pour mettre en oeuvre les conditions
qui l'auraient rendue impossible.
L'héritage matériel du passé, les monuments
et les édifices historiques, les peintures et les sculptures,
les cathédrales et les précieuses structures qui incarnaient
symboliquement l'histoire de l'humanité, ont été
emportés par la vague destructrice qui a déferlé
sur nous. C'est comme si une main géante avait effacé
tout ce qui était inscrit sur l'ardoise humaine, pour nous
donner l'occasion de créer du nouveau. Les peuples possédants
une culture vont-ils saisir leur chance ? Nous, citoyens civilisés,
profiterons-nous de l'occasion de bâtir du neuf, non une civilisation
matérielle, cette fois, mais un monde de beauté et
de justes relations humaines, un monde où les enfants pourront,
en vérité, croître à l'image du Père
Unique et où l'homme pourra revenir à la simplicité
des valeurs spirituelles : beauté, vérité et
bonté ?
Pourtant, devant la reconstruction à l'échelle mondiale
que notre temps exige et la tâche presque surhumaine de sauver
les enfants et la jeunesse du globe, certains recueillent aujourd'hui
des fonds pour restaurer les anciens édifices, rebâtir
des églises de pierre et recueillent ainsi l'argent tellement
nécessaire pour panser les blessures morales et répandre
la chaleur de l'amour et de la compréhension parmi ceux qui
ne croient plus à l'existence de ces vertus. Sûrement
Dieu pourra être trouvé plus facilement dans un foyer
rebâti et au sein d'une famille réunie que dans n'importe
quelle cathédrale de pierre, si intéressante soit-elle
au point de vue historique, et ses serviteurs peuvent accomplir
leur travail d'illumination spirituelle dans un champ en plein air,
plutôt que dans un soi-disant "temple de Dieu" somptueux,
rempli de statues, de joyaux et de riches habits sacerdotaux ! Que
ceux qui cherchent à rétablir l'ancien mode de vie
prennent garde de n'oublier, en restaurant ce décor périmé,
la misère cruelle des enfants actuels, qui jamais n'eut sa
pareille.
Considérons maintenant le problème. En termes généraux,
les enfants d'aujourd'hui se rangent parmi les groupes suivants
:
1. Ceux que les effets de la guerre ont empêchés
de jamais connaître un foyer, dont les parents ont été
tués sous leurs yeux, lors de la destruction de leurs
maisons, ignorants parfois même de leurs noms ou de leurs
nationalités ils n'ont survécu, tels de petits
animaux, que protégés par la seule force de l'instinct
de préservation. Ceux-ci étaient des bébés
quand la guerre éclata, ou ils naquirent par la suite.
Comment ils ont survécu demeure un grand mystère.
2. Les enfants un peu plus âgés,
qui se souviennent d'un foyer et de leurs parents, mais qui
ont vu des spectacles que jamais un enfant ne devrait contempler,
cruels bombardements, horreurs de la guerre, du sang versé,
de la brutalité, des tortures et de la haine. Ils ont
survécu, parfois avec des parents ou des amis, parfois
seuls, parfois par leur propre ingéniosité. L'un
comme l'autre, ces groupes ignoraient la bonne nourriture, tous
deux étaient victimes de la malnutrition et tous, normalement,
à la suite de pareilles expériences, souffraient
de psychoses et présentaient un problème difficile.
3. Ces enfants bizarres et sauvages, nombreux
en Europe et en Chine, qui n'ont jamais connu l'autorité
des parents ; ils étaient plus âgés que
les deux premiers groupes, ils se formaient en bandes, comme
de jeunes loups, ne songeaient qu'à survivre et à
manger. Ils étaient naturellement dépourvus de
tout sens moral et ne connaissaient ni valeurs culturelles ni
restrictions sexuelles. La bonté leur était demeurée
étrangère, brutalisés par les circonstances
et les gens auxquels ils cherchaient toujours à échapper,
ils ne connaissaient point d'autre loi que l'instinct de préservation.
4. Vient ensuite un groupe de garçons
et de filles plus grands, réunis par leurs aînés
en unités de combat. On leur apprenait à se servir
d'un fusil, à poursuivre l'ennemi et à tuer pour
leur pays. On les exerçait à un minimum de discipline,
pour en faire de bons soldats, experts à la technique
de la guerre. Mais ils ne recevaient aucune instruction et durant
les années où la jeunesse se développe
le plus intensément, ils étaient submergés
par la marée montante de la guerre et tout ce qu'elle
implique. Ils ont joué courageusement le rôle imposé.
5. En outre, il y a les enfants qui ont été
mieux protégés, malgré les circonstances
de la guerre. Pourtant, nombre d'entre eux n'ont connu autre
chose que la guerre dès leur naissance. Les bombardements
furent pour eux l'état normal et la mort leur était
familière. Malgré cela, on s'était bien
occupé d'eux. C'était le cas des enfants en Grande-Bretagne
et en France, dans certaines régions épargnées
par les pires horreurs de la guerre. Ils ont souffert, mais
leur misère était un peu différente, car
l'atmosphère psychologique de leur entourage était
autre et ils connaissaient la possibilité d'être
entourés d'affection et de sécurité.
6. D'autres enfants vivaient en parfaite sécurité,
dans des pays comme le Canada et les Etats-Unis, ou d'autres
pays, dont les territoires n'appartenaient pas à la zone
de guerre. Qu'exige leur éducation ? Ne présente-t-elle
pas aussi un problème caractérisé, s'ils
doivent assumer leur rôle comme des égaux, intégrés
dans le monde nouveau ? Ils n'ont point souffert, ils n'ont
point vu la mort en face ; ils n'ont pas eu à lutter
pour l'existence toute nue. Vu de haut, cela est-il un bien
ou un mal pour eux ? Ont-ils manqué une occasion ? Peut-on
leur enseigner à s'adapter au monde, que les enfants
dont nous avons parlé plus haut, édifieront inévitablement
? Ces enfants bien nourris, tranquilles, indépendants
et dépendants à la fois, trouveront-ils leur place
dans le monde qui vient ? Serait-ce plutôt à eux
de le construire et de déterminer son orientation ? Certes
non ! Ils n'ont pas le vrai sens des proportions, ils ne sauraient
comprendre les valeurs relatives qui conditionneront ce monde
; ils ont été éduqués selon le vieil
ordre égoïste, avec trop de confort et trop de besoins
; ils n'ont pas été éprouvés au
feu de la souffrance et de la douleur ; ils n'ont pas dû
se tirer seuls d'affaire. Certains diront que c'est mieux ainsi,
d'autres peuvent penser exactement l'inverse. Aux éducateurs
de ces pays épargnés s'offre un choix et une épreuve
aux lourdes conséquences et il va leur falloir changer
de méthodes d'éducation, de programmes et de buts,
s'ils veulent préparer ces enfants aux conditions à
venir.
Tels sont les faits que parents et pédagogues du monde entier
doivent affronter avec plus de réalisme. Il leur faut s'efforcer
de comprendre avec sympathie le problème des enfants qui
furent plongés dans la guerre et les graves situations où
ils s'étaient trouvés. Il incombe particulièrement
aux peuples des Amériques et des pays neutres de le comprendre
car ils ont échappé, ou furent soustraits, à
beaucoup de souffrances. A part la perte d'êtres aimés
(subie en commun avec tant d'autres nations !) ils ont échappé
aux privations de nourriture, aux bombardements, à la mort
subite, à la torture, aux meurtres, aux migrations forcées,
à la disparition de leurs enfants et à toutes les
horreurs indicibles qui se déchaînaient sur le monde
!
Saisissons-nous clairement que des millions d'enfants n'ont jamais
connu la sécurité, ni jamais su comment se procurer
leur prochain repas ? Peut-on s'imaginer l'état d'esprit
d'un enfant, qui, après avoir vu ses parents déchiquetés
par l'explosion d'une bombe sous ses yeux, ou qui, caché
dans l'espoir de n'être pas découvert, a assisté
aux tortures qu'ils subissaient ? Pouvons-nous imaginer ce que pense
un enfant qui a vu les affamés pratiquer le cannibalisme,
ou qui a rampé avec d'autres petits, de place en place, évitant
d'être vus, marchant de nuit et se terrant dans des trous,
ou sous les arbres, durant le jour ? Pouvons-nous comprendre ce
que représente le manque de chaleur en hiver, sans jamais
être suffisamment couvert et la psychologie d'enfants, forcés
de mener pareille vie et automatiquement et instinctivement amenés
à mentir, ou même à tuer, pour obtenir les premières
nécessités de l'existence ? Nous est-il possible d'imaginer
la mentalité d'enfants blessés, jamais soignés,
et qui se sont remis, mais demeurent estropiés et amoindris
pour la vie entière, qui ne connaissent que la loi de la
jungle, après avoir vu, jour après jour, la mort sous
ses pires aspects. Ils ont toujours eu peur. Je vous prie de vous
représenter ce que cela signifie.
En écrivant ces lignes, je n'exagère rien. Tout ce
que j'énumère est sérieusement appuyé
sur des témoignages dignes de foi. On a caché bien
des choses au public, de crainte de blesser sa sensibilité,
ou de le mettre mal à l'aise. Mais nous sommes quelques-uns
à penser qu'il faut savoir et faute d'avoir le courage de
regarder en face la vie quotidienne que mènent les gens en
diverses parties du monde, nous n'avons aucune contribution valable
à apporter au monde qu'il s'agit de construire.
Ce tableau comporte un autre côté. Il offre de la
beauté, comme du drame, de l'amour, comme de la haine. Des
familles sont demeurées ensemble, se sont enfuies ensemble,
ont souffert ensemble, et prouvé leur affection commune,
au milieu de toutes les horreurs et incertitudes. Toujours, elles
ont eu peur. La jeunesse a fait preuve d'une sagesse étonnante,
d'amour et d'un esprit de sacrifice extraordinaire ; les récits
qui sont parvenus d'Europe l'ont révélé. La
beauté de l'âme humaine brille toujours d'un vif éclat
dans les désastres, et plus encore dans les pays affligés
par la guerre. Des enfants sont morts pour en défendre d'autres.
Ils sont restés affamés pour que d'autres mangent
et ils ont tout traversé avec un courage supérieur
; sous la contrainte, et mis en jugement, ils sont demeurés
fidèles à la vérité et à la bonté
inculquées par leurs parents et que les calamités
n'avaient pu détruire.
La catastrophe, où des enfants par millions ont été
atteints, doit être prise en considération pour y remédier.
Ces enfants, par centaines de mille, présentent des problèmes
psychologiques, des milliers sont fous, ou au bord de la folie,
d'autres sont aliénés, et tous sont victimes de leurs
expériences de guerre. Que ferons-nous pour ces adolescents,
cette jeunesse ? Quel avenir les attend, à moins que leurs
compatriotes et nous-mêmes ne nous attaquions à ce
problème, déterminés à construire un
monde, où les valeurs morales et spirituelles soient si différentes
qu'avec l'aide de Dieu, jamais plus la guerre ne sévira sur
notre planète ?
Extrait du livre « Les problèmes de l’Humanité
»
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