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4eme Bulletin 2008 - Décembre
Principes et Personnalités
Il y a un point qui mérite
d'être pris en considération. On pourrait faire des
recherches à ce sujet comme suit :
"Certaines personnes se posent le problème de l'Etre
du point de vue mental, d'autres par la compréhension du
coeur. Certains agissent ou évitent d'agir parce qu'ils savent
plus qu'ils ne sentent ; ou encore certains réagissent à
leur milieu mentalement plus qu'affectivement.
Le point à éclairer est de décider si, pour
quelques-uns, le sentier ne serait pas celui du service parce qu'ils
connaissent Dieu plus qu'ils ne l'aiment. Dieu est, après
tout, leur soi profond. N'est-il pas le sentier de l'occultiste
et du sage plutôt que celui du mystique et du saint ? Cela
ne dépend-il pas du rayon sur lequel on se trouve, du Maître
que l'on sert et qui vous enseigne ? La vraie connaissance n'est-elle
pas une sorte d'amour intellectuel ? Si un poète compose
une ode à la beauté intellectuelle, pourquoi ne pourrions-nous
pas exprimer notre appréciation de l'unité que la
tête conçoit mieux que le coeur ? Le coeur a sa valeur,
mais il n'est pas adapté aux cruelles conditions du monde.
Que faire, sinon accepter les limitations présentes tout
en cherchant la transcendance selon la loi divine de l'évolution
? N'y a-t-il pas quelque chose d'équivalent à un complexe
d'infériorité spirituelle de la part de ceux qui sont
sensibles, peut-être hypersensibles, au fait que, si leur
vie est remplie d'intérêts intellectuels, le désert
de leur coeur est encore loin de fleurir comme la rose ?
Autrement dit, si un homme accepte la place qui lui est assignée
et qu'il sert, reconnaissant la Fraternité et la Présence
du Père, qu'importe si le principe de base est fondé
sur la tête plutôt que sur le coeur ?"
A ces questions, je répondrai ainsi :
Il ne s'agit ni de rayon, ni de distinction fondamentale entre
mystique et occultiste. Dans l'individu accompli, la tête
et le coeur doivent fonctionner avec la même puissance. Dans
le temps et l'espace, toutefois, et au cours de l'évolution,
les individus se distinguent par une tendance prédominante
dans l'une ou l'autre de leurs vies. Parce que nous ne voyons pas
l'ensemble du tableau, nous remarquons des distinctions temporaires.
Dans une vie, un homme peut surtout être mental ; aussi,
pour lui, le sentier de l'amour de Dieu ne lui conviendrait pas.
L'amour de Dieu est répandu dans son coeur et son approche
occulte est basée surtout sur la perception mystique des
vies passées. Son problème est de connaître
Dieu dans le but d'interpréter cette connaissance par l'amour
pour le tout. L'amour, en tant que sens de responsabilité,
manifesté dans le devoir envers le groupe et la famille,
est donc pour lui la ligne de moindre résistance. L'amour
universel rayonnant vers la nature tout entière et vers toutes
les formes de vie suivra une connaissance plus profonde de Dieu.
Cet amour fera partie de son développement dans une autre
incarnation. Ceux qui étudient la nature humaine, et tous
les aspirants ont la tâche de le faire, doivent se souvenir
qu'il existe des différences temporaires. Les êtres
humains sont différents par :
a. Le rayon qui influence principalement le magnétisme
de la vie.
b. L'approche de la vérité, selon que le sentier
mystique ou le sentier occulte
les attire davantage.
c. La polarisation qui décide de la tendance émotive,
mentale ou physique.
d. Le point d'évolution qui produit les nombreuses diversités
que l'on rencontre entre les hommes.
e. Le signe astrologique qui détermine la tendance prédominante
dans une vie particulière.
f. La race qui met la personnalité sous la
forme-pensée particulière à sa
race.
Le sous-rayon sur lequel se trouve un individu, rayon mineur variant
d'une incarnation à l'autre, colore sa vie présente.
C'est sa teinte secondaire. N'oubliez pas que le rayon primordial
reste inchangé à travers les âges ; il est l'un
des trois rayons primordiaux qui synthétiseront les fils
des hommes. Le rayon de l'ego varie de ronde en ronde et, pour les
âmes plus évoluées, de race en race ; il comprend
l'un des cinq rayons de notre évolution actuelle. C'est le
rayon prédominant qui fait vibrer le corps causal de l'homme.
Il peut correspondre au rayon de la monade ou il peut être
l'un des sous-rayons complémentaires d'un rayon primordial.
Le rayon de la personnalité varie de vie en vie jusqu'à
ce qu'il soit passé par toute la gamme des sept sous-rayons
du rayon monadique. Les personnes dont les monades sont sur un rayon
semblable ou complémentaire éprouvent beaucoup de
sympathie les unes pour les autres.
Toutefois, nous devons nous rappeler qu'il faut être arrivé
à un haut degré d'évolution pour que le rayon
de la monade exerce une véritable influence. La majorité
des cas qui se présentent n'entrent pas dans cette catégorie.
Chez les hommes assez évolués qui luttent encore pour
se rapprocher de l'idéal, la ressemblance du rayon égoïque
produira la compréhension mutuelle et l'amitié. Il
est facile à deux personnes qui se trouvent sur le même
rayon égoïque de comprendre leurs points de vue respectifs
et elles se lient de grande amitié avec une entière
confiance l'une en l'autre, car chacune voit l'autre agir comme
elle le ferait elle-même.
Quand, outre la similitude de rayon égoïque, il y a
le même rayon de la personnalité, alors se vérifie
une amitié parfaite, un mariage réussi, un lien indissoluble
entre deux êtres. C'est fort rare.
Entre deux personnes qui sont sur le même rayon de la personnalité,
mais dont le rayon égoïque est différent, il
peut naître une amitié brève, de soudaines affinités
aussi éphémères que le papillon. Il faut s'en
souvenir, car la reconnaissance de cette vérité conduit
à la compréhension et à la faculté d'adaptation.
La clarté de vision rend circonspect.
Une autre cause de différence peut être due à
la polarisation des corps. Si l'on n'en tient pas compte, l'incompréhension
peut s'ensuivre. L'expression "un être humain polarisé
dans son corps astral" signifie que son ego agit par le véhicule
astral. La polarisation indique le degré de purification
du canal. Permettez-moi un exemple. L'ego de l'homme d'évolution
moyenne est sur le troisième sous-plan du plan mental. Si
un individu a un véhicule astral composé surtout de
matière astrale du troisième sous-plan et un véhicule
mental sur le cinquième sous-plan, l'ego concentrera son
effort sur le corps astral. Si l'individu a un corps mental de matière
du quatrième sous-plan et un corps astral du cinquième
sous-plan, la polarisation sera mentale.
Quand on dit que l'égo domine plus ou moins un être
humain, on veut dire qu'il a construit, dans ses corps, de la matière
des sous-plans supérieurs.
L'égo dirige avec intérêt l'homme seulement
quand celui-ci a presque entièrement éliminé
la matière des septième, sixième et cinquième
sous-plans de ses véhicules. Quand il a construit une certaine
proportion de matière du quatrième sous-plan, l'égo
étend sa maîtrise. Si une certaine proportion du troisième
sous-plan commence à entrer dans la structure des véhicules,
l'homme s'engage sur le Sentier. Quand la matière du deuxième
sous-plan prédomine, l'homme obtient l'initiation ; quand
il n'a plus, dans ses véhicules, que de la matière
atomique, il devient un Maître. Le sous-plan où se
trouve l'homme a son importance et la reconnaissance de sa polarisation
explique sa vie.
Toutefois, il ne suffit pas de tenir compte des deux points indiqués
; une autre cause d'incompréhension peut dériver de
l'ignorance de l'âge de l'âme ; ces points ne nous sont
pas de grande aide, car la capacité de reconnaître
le rayon sur lequel un homme se trouve n'est pas encore développée
dans notre race. Une supposition approximative et l'usage de l'intuition
est tout ce qui est possible à présent. L'homme peu
évolué ne peut comprendre l'homme très évolué
et l'ego avancé ne peut comprendre complètement un
initié. Le "plus" peut comprendre le "moins",
mais le contraire n'est pas vrai.
Quant à votre comportement vis-à-vis de ceux dont
le degré d'accomplissement transcende le vôtre, voici
mes suggestions :
a) Réservez votre jugement. Leur vision est plus ample que
la vôtre. N'oubliez pas qu'une des plus grandes qualités
acquises par les membres de la Loge est leur faculté de considérer
la destruction de la forme comme dénuée d'importance.
Leur préoccupation est l'évolution de la vie.
b) Comprenez que tous les événements sont produits
par les Frères en vue d'un dessein sage. Les initiés
de moindre degré, bien que libres de leurs actions, se conforment
aux plans de leurs supérieurs tout comme vous, mais en proportion
mineure. Eux aussi ont leurs leçons à apprendre et
la loi de toute science est que toute expérience se paie.
Bien souvent, on apprend par les conséquences d'une action
erronée. Ceux qui sont supérieurs veillent pour transformer
en bien les situations causées par les erreurs de ceux dont
le développement est moindre.
c) Rappelez-vous que la loi de Renaissance cache le secret de la
crise présente. Des groupes d'ego viennent ensemble pour
s'acquitter d'un certain karma encouru au temps passé. Les
hommes ont commis de graves fautes dans le passé. La punition
et la transmutation en sont les conséquences naturelles.
La violence et la cruauté commises dans le passé produisent
une moisson de dur karma, mais il dépend de vous de transmuer
les anciennes erreurs.
Souvenez-vous que les principes sont éternels et les personnalités,
temporaires. Les principes doivent être considérés
du point de vue de l'éternité ; les personnalités,
du point de vue du temps. La difficulté est que, dans bien
des situations, sont compris deux principes, dont l'un est secondaire
; elle naît du fait que, s'agissant de deux principes, tous
deux sont justes. La règle pour bien agir est de se souvenir
que, généralement, les principes fondamentaux, pour
être bien compris et appliqués avec fruit, exigent
l'intervention de l'intuition, tandis que les principes secondaires
sont purement mentaux. Les méthodes sont nécessairement
différentes.
Quand on s'en tient aux principes fondamentaux, la méthode
la plus sage est le silence et la confiance joyeuse dans l'accomplissement
de la Loi, l'abstention de toute intervention personnelle sauf de
commentaires sages et charitables, le propos de voir tout à
la lumière de l'éternité et non du point de
vue du temps, et l'effort constant de suivre la loi d'amour, ne
voyant que le divin dans vos frères, même s'ils sont
vos adversaires.
Dans les principes secondaires, sur lesquels les forces contraires
mettent l'accent, l'usage du mental inférieur fait surgir
le danger de la critique, l'emploi de méthodes sanctionnées
par le temps dans les trois mondes inférieurs. Ces méthodes
impliquent l'attaque personnelle, les invectives, l'emploi de la
force dans le sens destructif et une attitude contraire à
la loi d'unité du plan. L'expression "forces opposées"
n'est correcte que si elle est employée dans le sens scientifique
; dans ce cas elles signifient le pôle opposé qui conduit
à l'équilibre. Rappelez-vous que des groupes opposés
peuvent être absolument sincères, mais le mental concret
agit en eux comme un obstacle au libre jeu de la vision supérieure.
Même si leur sincérité est grande, leur degré
d'évolution atteint dans certaines directions est inférieur
à celui de ceux qui adhèrent aux principes fondamentaux
qu'ils perçoivent seulement à la lumière de
l'intuition. Un principe fondamental est celui qui incarne un aspect
de la vérité sur laquelle est basé notre système
solaire. C'est la pénétration jusqu'à la conscience
humaine d'une fraction de l'idée sur laquelle le Logos fonde
son travail. La base de toute action égoïque est l'amour
en action, et l'idée fondamentale de son oeuvre, liée
à la hiérarchie humaine, est le pouvoir de l'amour
de faire progresser. Appelez-le évolution, si vous voulez,
ou impulsion intérieure irrésistible, si vous préférez
; c'est l'amour causant le mouvement et poussant à l'achèvement.
C'est la poussée vers une plus ample expression. Aussi ce
principe doit-il être à la base de toute activité
et si le gouvernement des organisations de moindre importance était
fondé sur le même sens d'amour actif, il conduirait
tous ses membres à une impulsion divine, à une plus
vaste expression; ainsi, tout tendrait à un effort plus satisfaisant
et un accomplissement plus adéquat.
Un principe fondamental fait appel à l'intuition et provoque
une réponse immédiate d'assentiment du Soi supérieur
de l'homme. Il n'en appelle pas à la personnalité.
Il incarne une conception de l'ego dans son rapport avec les autres
ego. Un principe est ce qui inspire toujours l'action de l'ego sur
son propre plan ; c'est seulement en nous soumettant de plus en
plus à cet ego que notre personnalité atteint à
ces idées et y répond. Il faut en tenir compte dans
tous les contacts avec autrui, modifiant aussi notre jugement sur
chacun. La compréhension d'un principe marque un point dans
l'évolution.
Un principe est ce qui donne vie à une affirmation relative
au plus grand bien du plus grand nombre. "Un homme doit aimer
sa femme" est un principe qui régit la personnalité.
Il doit ensuite être transmué en un principe supérieur
: "Un homme doit aimer ses semblables". Les principes
sont de trois sortes, le plus élevé doit être
atteint via l'inférieur.
a. Les principes qui régissent le soi
personnel inférieur et qui concernent les actions et
la vie active de ce soi inférieur. Ils incarnent le troisième
aspect, celui de la manifestation logoïque et forment la
base du progrès ultérieur. Ils gouvernent l'homme
au cours de la période peu évoluée où
le mental est peu actif. Ils seraient mieux compris si l'on
disait que ces principes s'expriment par les règles communément
acceptées. "Tu ne tueras pas, tu ne voleras pas..."
sont des principes qui se rapportent à la vie active
de l'homme, à la formation de son caractère.
b. Les principes qui régissent le Soi
supérieur et se rapportent à l'aspect amour-sagesse.
Ce sont ceux dont nous devons nous occuper. Une grande partie
des désordres du monde actuel proviennent du fait que
ces principes supérieurs, liés étroitement
à l'amour-sagesse dans sa plénitude, commencent
à peine à être perçus par le gros
de l'humanité. La reconnaissance de leur vérité
et la tentative de les mettre en pratique, sans avoir précédemment
préparé le milieu à ces idéals,
provoquent des heurts fréquents et des luttes entre ceux
qui sont gouvernés par les principes de la personnalité
et ceux qui reconnaissent les principes qui régissent
le Soi supérieur. Tant qu'un nombre plus grand d'hommes
n'a pas atteint la conscience de l'âme, ce conflit est
inévitable. Quand le plan émotionnel sera dominé
par le plan de l'intuition, la compréhension universelle
s'établira.
L'homme apprend la première série de principes par
l'avidité et les conséquences désastreuses
qui s'ensuivent. Il a volé, il en a subi le châtiment
et a cessé de voler. Le principe s'imprime en lui par la
souffrance et il a appris qu'il ne peut jouir que de ce qui lui
appartient de droit et non de ce qu'il s'approprie. Le monde est
en voie d'apprendre cette leçon en groupe. Les appropriations
illicites n'apportent pas le bonheur, mais seulement la souffrance.
Ainsi, avec le temps, les hommes apprennent ces principes.
L'homme apprend la deuxième série de principes par
la renonciation et le service. Peu à peu, il détourne
son attention des choses de la personnalité et, dans le service,
il apprend le pouvoir de l'amour dans sa signification occulte.
Il donne et, par conséquent, il reçoit. Il vit une
vie de renoncement et les richesses du ciel se déversent
sur lui. Il donne tout et se trouve comblé. Il ne demande
rien pour lui et il est l'homme le plus riche de la terre.
Les premiers principes ont trait à l'unité différenciée
et à l'évolution par l'hétérogénéité.
Les principes de la deuxième série se rapportent aux
groupes. La question n'est plus : "Qu'est-ce qui vaut mieux
pour l'individu ?", mais "Qu'est-ce qui est le mieux pour
la masse ?". Seuls ceux qui ont la vision de "beaucoup
en tant qu'un" entendent ces principes fondamentaux de notre
système basé sur l'amour. L'ennui est que les hommes,
aujourd'hui, n'ont pas d'idées assez claires. Les principes
de la première série, ceux de la personnalité,
qui régissent les activités fondamentales, sont tellement
enracinés en l'homme que seuls quelques-uns des principes
égoïques supérieurs, ou de l'amour, pénètrent
jusqu'à son cerveau troublé et y créent momentanément
un apparent conflit d'idées.
Aussi, disent-ils comme Pilate : "Qu'est-ce que la vérité
?". S'ils voulaient bien se rappeler que les principes supérieurs
se rapportent au bien du groupe et que les principes inférieurs
se rapportent au bien de l'individu, peut-être que les choses
seraient plus claires. L'activité inférieure de la
vie personnelle, si bonne et digne soit-elle, doit finalement être
transcendée par la vie d'amour qui cherche le bien du groupe
et non celui de l'individu.
Tout ce qui tend à la synthèse et à l'expression
divine dans les collectivités se rapproche de l'idéal
et se conforme plus étroitement aux principes supérieurs.
La réflexion sur ces idées peut être utile.
Mes dires se trouvent illustrés par le fait que des conflits,
qui se produisent au sein des organisations, proviennent souvent
de l'obéissance de braves gens à la personnalité.
Ils se sacrifient pour un principe, mais un principe régissant
la vie de la personnalité. D'autres, entrevoyant vaguement
quelque chose de supérieur et le bien du groupe, non celui
de sa propre personne, se trouvent face à un principe supérieur
et, ce faisant, attirent les énergies égoïques
; ils travaillent pour autrui et cherchent à aider leur groupe.
Quand les ego et les personnalités se trouvent de front,
la victoire du supérieur est assurée. Le principe
inférieur doit céder le pas au supérieur. Tel
se concentre sur ce qui lui semble être la valeur principale,
c'est-à-dire la satisfaction du désir de la personnalité,
et, en deuxième lieu seulement, au bien du grand nombre,
même si à certain moment il peut s'illusionner et penser
que c'est son intention.
Tel autre ne se soucie nullement de ce qu'il peut advenir au soi
personnel, et il s'intéresse seulement à aider la
masse. Au fond il s'agit de savoir si le motif est égoïste
ou désintéressé. Vous savez que les motifs
changent à mesure que l'homme s'approche du sentier de probation.
c. Des principes encore supérieurs
sont ceux intelligibles à l'Esprit et saisis promptement
par la conscience monadique. Quand l'homme a transcendé
sa vie active personnelle et y a substitué la vie d'amour
et de sagesse dirigée par l'ego, il commence à
comprendre l'étendue de cette vie d'amour et à
la reconnaître comme Pouvoir en manifestation. De même
que la personnalité a affaire aux principes qui régissent
les activités du soi inférieur et que l'ego agit
selon la loi d'amour se manifestant dans le travail de groupe
ou dans la synthèse de beaucoup en quelques-uns, de même
la monade s'occupe-t-elle de la vie active de l'amour manifesté
comme pouvoir par la synthèse des quelques-uns en Un.
Les premiers principes se rapportent à la vie de l'homme
sur le plan physique, ou dans les trois mondes ; les deuxièmes,
à sa vie sur le niveau causal, et les derniers, à
sa vie après avoir atteint le but auquel tend l'évolution
humaine. Les uns régissent les individus ; les autres, les
groupes ; et les troisièmes, l'unité. Les premiers
concernent la différenciation à son point de plus
grande diversité ; les deuxièmes, le grand nombre
réduit à des groupes égoïques ; les troisièmes
voient la différenciation revenue aux sept, ce qui est l'unité
pour la hiérarchie humaine.
Ces facteurs et d'autres encore produisent des différences
entre les êtres humains ; en s'analysant, l'homme doit en
tenir compte. Il faut donc se souvenir qu'un disciple de n'importe
lequel des Maîtres a son propre équipement, ses qualités
et ses défauts. D'une chose il peut être sûr
; tant que le sentier de la connaissance n'est pas uni à
celui de l'amour, il ne peut atteindre les initiations supérieures,
car celles-ci s'obtiennent sur les niveaux supérieurs du
mental. Tant que le sentier de lumière n'est pas uni à
celui de la vie, la transition du quatrième au cinquième
règne ne peut se produire. Certaines expansions de conscience
sont possibles, les initiations sur le plan astral et le plan mental
inférieur, de même ; la vision peut être partiellement
perçue, le sens de la Présence peut être éprouvé
; le Bien-aimé peut être atteint par l'amour ; la félicité
et la joie de ce contact peuvent produire un état de bonheur
constant ; mais la claire perception qui vient de l'expérience
vécue sur la Montagne de l'Illumination est différente
de la joie expérimentée sur la Montagne de la Bénédiction.
Le coeur conduit à l'une, et la tête, à l'autre.
On peut dire catégoriquement que le sentier de la connaissance
est celui de l'occultiste et du sage, et le sentier de l'amour est
celui du mystique et du saint. La voie de la tête, ou celle
du coeur, ne dépend pas du rayon, car il faut connaître
l'une et l'autre. Le mystique doit devenir occultiste ; l'occultiste
blanc a été un saint mystique. La vraie connaissance
est amour intelligent, car c'est la fusion de l'intellect et de
la dévotion. L'unité est expérimentée
dans le coeur, son application intelligente à la vie doit
se faire par la connaissance.
Il est précieux de connaître la tendance du dessein
de la vie et de savoir si c'est la méthode du coeur ou celle
de la tête qui est l'objectif d'une vie particulière.
Un discernement spirituel subtil est ici nécessaire pour
que l'illusion ne nous attire pas dans la voie de l'inertie. Réfléchissez
à ces mots et veillez à ce que l'examen de vous-mêmes
soit basé sur la vérité et ne vienne pas d'un
complexe d'infériorité, de la comparaison avec le
travail d'un frère et de la tendance à la jalousie,
ou encore de la complaisance de vous-mêmes qui annule l'activité.
En règle générale, on peut considérer
l'aspirant au discipulat comme celui qui a beaucoup appliqué
la voie du coeur dans des incarnations passées et pour qui,
dans cette incarnation, la voie mentale prend une plus grande importance.
D'anciens textes disent :
"Ne cherche pas, ô toi deux fois béni,
à atteindre l'essence spirituelle avant que le mental ne
l'absorbe. Ce n'est pas ainsi que se cherche la sagesse. Seul
celui qui a dominé le mental et voit le monde comme dans
un miroir peut obtenir sans danger l'usage des sens intérieurs.
Seul celui qui sait que les cinq sens sont illusoires et que rien
ne demeure, sauf les deux en tête, peut être admis
dans le secret du Cruciforme transposé.
Le sentier que foule le serviteur est un sentier de feu qui
passe par le coeur et conduit à la tête. Ce n'est
pas sur le sentier du plaisir, ni sur celui de la douleur que
la libération peut être atteinte et que vient la
sagesse. C'est par la transcendance des deux, par la fusion du
plaisir et de la douleur que le but est atteint, ce but qui est
devant nous comme un point de lumière dans l'obscurité
d'une nuit d'hiver. Ce point de lumière peut rappeler la
petite chandelle d'une triste mansarde, mais quand le sentier
qui conduit à cette lumière se parcourt par l'union
des paires d'opposés, ce point de lumière faible
et vacillant augmente continuellement jusqu'à ce qu'une
chaude lumière éclatante se montre à l'esprit
du pèlerin sur le sentier.
Continue ton chemin, ô Pèlerin, avec une ferme
persévérance. Là, nulle chandelle ni lampe
à huile. Le rayonnement croît jusqu'à ce que
le sentier se termine dans une gloire lumineuse ; le pèlerin
dans la nuit devient l'enfant du soleil et entre par la porte
de son orbe radieuse."
Extrait du « Traité sur la Magie Blanche »
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